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Séverine est une force de tempérament hors du commun

Ces lignes qu’elle adresse, parmi quantité d’autres, à Jules Vallès, celles-ci du 17 juillet 1883 : 

« …Etoilé d’idées pour vous, étoilé de horions pour les autres ! Vivant en somnambule, vous parlez en somnambule, par interjections, par tiers de mot, par quart de syllabe. Vous croyez être très clair et vos phrases s’achèvent en dedans : vous pensez vos paroles, et elles ne sortent pas. Il en résulte pour ceux qui vous entourent une existence de clowns. … …Seulement je voudrais que vous vous rendiez compte de l’inconséquence, de la brièveté, du décousu et souvent même de l’illogisme des instructions ou des ordres que vous jetez à vos féales. » extrait de : Jules Vallès-Séverine, Correspondance, préface et notes de Lucien Scheler, EFR, 1972, p. 98-99

Séverine (1855-1929)

Vie et combats d’une frondeuse

 

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SEVERINE OU LE CRI DU PEUPLE
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Elle a 25 ans, Valles 48 ans. Lorsque ce dernier relance en 1883 « le Cri du peuple » elle lui en procure le financement par Adrien Guebhard et en dirige avec lui les feuilles. A la mort de Vallès en 1885 elle prend la direction de ce célèbre quotidien socialiste. La même année, le divorce étant rétabli, elle épouse Adrien. En 1888 à la suite d’une opposition vive avec Jules Guesde, marxiste, elle doit quitter le journal et écrit alors quantité d’articles dans diverses revues à caractère politico-sociales. Dans ce contexte elle tombe amoureuse du journaliste Georges de Labruyère, vit avec lui jusque sa mort en 1920, année au cours de laquelle elle reprend vie commune avec Adrien Guebhard jusque la mort de ce dernier en 1924.

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Séverine & Jules Valles, une connivence au service d'un journalisme total

Un jour de la fin 1879 ou du début 1880, Vallès rencontre Séverine à Bruxelles. Il a quitté Londres fin août et il se morfond dans l'attente de l'amnistie. Elle vient de mettre au monde un enfant que sa situation conjugale (elle est séparée de corps, mais non divorcée) ne lui permet pas de reconnaîtra. Il a quarante-huit ans, est usé par l'exil. Elle a vingt-cinq ans et incarne la séduction. Va naître une camaraderie que l'une tient à placer sur le plan de l'affection filiale, l'autre sur le plan de l'affection paternelle, encore que ce type de relations fût naturellement plus complexe que les intéressés eux-mêmes n'osaient se l'avouer.

Séverine, de son vrai nom Caroline Rémy, avait fait un mariage malheureux, dès l'âge de dix-sept ans, pour échapper au milieu familial petit-bourgeois. Elle cherche sa voie.

" Il faut travailler, ma petite, lui dit Vallès.

- Mais où çà ? Comment ?

- Avec mci, voulez-vous ? Je ne suis pas un bonhomme commode, vous savez. Vous en passerez de grises et vous en entendrez de vertes ! Mais on arrivera peut-être à faire quelque chose de vous. "

C'est ainsi que commence une collaboration qui se poursuivra jusqu'à la mort de Vallès et qui se double, pour Séverine, d'un apprentissage du métier de journaliste. 

Portrait de Séverine, par Louis Welden Hawkins et portrait de Jules Valles par André Gil
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Avec un reste de bougie pour témoigner, sur une tombe oubliée, de l'admiration portée à l'homme ayant vécu debout : "Je ne crois pas au Panthéon, je ne rêve pas le titre de grand homme, je ne tiens pas à être immortel après ma mort - je tiendrais seulement à vivre de mon vivant ! "
VOUS POUVEZ AGITER LE DRAPEAU ROUGE AVEC VOTRE SOURIS
LE CRI

Impossible de parler de Séverine et du Cri du Peuple
sans évoquer Jules Valles : le mentor, l'ami, "le père", "l'enfant". 

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